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Le 19 Octobre 2018, 17h29

De la conception architecturale jusqu'au choix des matériaux, la ville veut imposer un cahier des charges plus exigeant aux bâtisseurs. 

« Nous souhaitons que les prochains bâtiments n’aient pas besoin de climatisation l’été et qu’ils aient moins besoin de chauffage l’hiver », Muriel Cheradame.

MISE AU VERT - Quartier des Groues, ZAC du Jardin du Val d’Ouest (Saint-Marceau), ZAC du Fil-soie (Barrière-Saint-Marc), ZAC Carmes-Madeleine : sur un délai de cinq à dix ans, plus de 2 000 logements vont sortir de terre à Orléans, à l’intérieur de ces fameuses Zones d’aménagement concerté (ZAC) créées par la ville et remises ensuite entre les mains d’architectes et de promoteurs immobiliers. Or, contrairement à ce qui se faisait auparavant, la municipalité a décidé d’être davantage partie prenante dans les choix architecturaux qui seront arrêtés et tout autant dans la sélection des matériaux utilisés. Et ce, dans un souci revendiqué d'augmenter considérablement les vertus thermiques et écologiques de ces futurs bâtiments. « Nous voulons avoir un côté acteur de la construction », résume Muriel Cheradame, adjointe en charge de l’urbanisme, qui rappelle que la ville délivre 500 permis de construite chaque année. 

« Nous souhaitons élever notre niveau d’exigence sur tous les registres»

Et, si les grands projets architecturaux lancés par la majorité actuelle - CO’Met, MOBE, Centre aqualudique, Vinaigreries - font évidemment l’objet de toutes les attentions et passent sous les fourches caudines des concours d’architectes et de cahiers des charges très pointus, ce n’est pas le cas de l’aménagement de ces ZAC qui dessinent pourtant le visage architectural de la ville. «Nous souhaitons élever notre niveau d’exigence sur tous les registres : la qualité de l’architecture bien sûr, la capacité des bâtiments à bien vieillir, mais aussi la part de l’innovation, et le respect des enjeux de l’environnement. Par exemple, nous souhaitons que les prochains bâtiments n’aient pas besoin de climatisation l’été et qu’ils aient moins besoin de chauffage l’hiver », poursuit Muriel Cheradame. 

Et pour Paul Vincent, architecte expert sur ces questions écologiques, concilier la construction d’un bâtiment à des préoccupations environnementales n’est pas « une histoire d’argent ». « Il faut donner la direction et forcer tous les acteurs de la construction à la tenir », souligne-t-il.

« Nous souhaitons nous démarquer des autres capitales régionales»

Concrètement, la ville va édicter, non pas une charte, mais un cahier des charges « avec des passerelles pour affiner la réflexion et mettre en place des réflexes » à destination des architectes et des promoteurs immobiliers afin qu’un certain nombre de préconisations soient prises en compte au démarrage de chaque chantier. Par exemple, il sera question, au sein d’une nouvelle résidence, de réduire la part des logements - T1 et T2 en général - qui sont actuellement destinés principalement à des placements défiscalisés. « Il faut rééquilibrer tout cela. Nous ne sommes pas contre ces placements bien sûr, mais il faut en même temps des produits qui s’adaptent aux besoins des familles et que pour chaque appartement on prenne en compte la qualité de vie de celles et ceux qui vont y vivre », précise Muriel Cheradame. 

Qu’il s’agisse du futur éco-quartier des Groues ou de la ZAC Carmes-Madeleine, la ville a aujourd’hui entre les mains des espaces fonciers de grande envergure où elle aura tout le loisir de mettre en pratique ses nouvelles exigences. « Nous souhaitons nous démarquer des autres capitales régionales en assumant une architecture ambitieuse », conclut Muriel Cheradame. Dont acte. 

A. G.