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Le 18 Août 2018, 15h57

Thierry Soler réagit, dans une tribune, à la décision du gouvernement de ne pas construire cet aéroport, un projet vieux de 60 ans. 

« Des investissements bien plus efficaces dans le numérique ou la transition énergétique doivent capter les ressources publiques », Thierry Soler. 

C'EST TRANCHÉ - Thierry Soler, conseiller départemental écologiste du Loiret, a adressé une tribune à la rédaction, dans laquelle il salue la décision d’Edouard Philippe, Premier ministre, d’abandonner le projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, un choix qui témoigne, selon Thierry Soler, de sa capacité à « prendre des décisions rationnelles en fonction des besoins réels des Français et des nécessités de l'économie ». Voici, in extenso, la tribune du conseiller départemental écologiste. 

« Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a fait couler beaucoup d'encre ces dernières années. Né, dans les années 60, du rêve de faire décoller en masse des Concorde depuis l'Ouest de la France, ce projet s'était ensuite longuement enlisé avant de revenir sous la forme d'une vaste opération commerciale. Dans le partenariat public-privé conclu avec l'entreprise Vinci en 2010, il s'agissait avant tout d'aménager une immense galerie marchande où le chaland serait attiré par la présence d'une aérogare et d'une piste d'aviation lui permettant accessoirement de faire un voyage après ses emplettes.

« La décision prise aujourd'hui marque une véritable entrée dans le monde politique du futur »

En décidant de mettre fin à cette ineptie, le gouvernement d'Edouard Philippe montre sa capacité à prendre des décisions rationnelles en fonction des besoins réels des Français et des nécessités de l'économie. Un large consensus existe désormais, en effet, y compris parmi les économistes les plus libéraux, pour dire que notre pays n'a plus besoin de grandes infrastructures de transport pour son développement. Des investissements bien plus efficaces dans le numérique ou la transition énergétique doivent capter les ressources publiques en lieu et place des TGV, aéroports ou autoroutes. De ce point de vue, la décision prise aujourd'hui marque une véritable entrée dans le monde politique du futur.

« Il fallait un certain courage et surtout de la détermination pour accepter de reconnaître la vanité de positionnements publics »

Il fallait un certain courage et surtout de la détermination pour accepter de reconnaître la vanité de positionnements publics qui ont longtemps dominé et pour dépasser les vieilles habitudes d'élus bâtisseurs qui sont encore attachées à tant de carrières politiques interminables. En tant que militant de longue date contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, je me réjouis du choix opéré aujourd'hui. En revanche, en tant qu'élu du Loiret, je ne peux que déplorer que la posture politique innovante et rationnelle du gouvernement ne soit pas d'actualité dans notre département et que des pratiques politiques du siècle passé reviennent en force en même temps que les projets routiers imaginés à l'époque.»