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Le 10 Décembre 2018, 11h45

En cette journée mondiale des océans, Jean-Paul Briand évoque les conséquences désastreuses d'une pollution massive. 

« Sans l’apport des océans, tout ce qui est vivant ne saurait subsister sur terre », Jean-Paul Briand. 

TRIBUNE - Par Jean-Paul-Briand (*). « À la suite du « Sommet Planète Terre » de juin 1992, à Rio de Janeiro, la Conférence des Nations-Unies sur l'environnement et le développement a décidé de faire du 8 juin de chaque année, une occasion de sensibiliser à une meilleure gestion des océans et de leurs ressources.

«  Sans l’apport des océans, tout ce qui est vivant ne saurait subsister sur terre »

Notre planète est surnommée « la planète bleue » car les océans couvrent plus de 71% de sa surface. Ils participent de l’écosystème global et à la régulation du climat. Sans l’apport des océans, tout ce qui est vivant ne saurait subsister sur terre. Au delà de la régulation du climat, ils sont une source pour l’alimentation. Le poisson constitue la principale provenancede protéines pour près de 3 milliards de personnes et 60 % de la population mondiale vit à moins de 100 km des côtes.Les océans sont aussi pourvoyeurs d’énergie, de matières premières pour les industries cosmétiques et pharmaceutiques. Ils servent aux transports et concourent aux activités de loisirs. Les fonds marins sont des mines d’extraction de pétrole, de gaz et de métaux. Ils procurent au moins 2500 milliards de dollars (US$) de bénéfices économiques par an. 

« Des réserves de poissons surexploitées »

La prise de conscience du rôle vital que les océans jouent dans l’alimentation, la nutrition et l’emploi des générations actuelles et futures est récente. À peine 3,4% des océans sont protégés et seule une fraction de cette surface est efficacement gérée.La pêche demeure, pour des centaines de millions de personnes, une ressource de première importance, qu’il s’agisse de nourriture ou des moyens d’existence. Un compte-rendu de l’ONU stipule qu’en 2014, l’offre mondiale de poisson a atteint le chiffre record de 20 kg par habitant. Une analyse de la Food and Agriculture Organization de l’ONU (FAO) atteste que31,4 % des réserves de poissons sont surexploitées.Voici ce que l’on peut lire dans un des derniers rapports de la World Wide Fund for Nature (WWF) : « Les populations de vertébrés marins ont décliné de 49% entre 1970 et 2012. Les populations d’espèces de poissons consommées par les humains ont chuté de moitié, voire davantage pour certaines des espèces les plus importantes. Dans le monde, la couverture de mangrove, lieux de reproduction, s’est rétrécie de près de 20% entre 1980 et 2005. Les zones mortes appauvries en oxygène se multiplient…etc ».

« Les actions de protection répondent d’abord aux intérêts économiques »

Soyons optimistes. Même si l’histoire de la gouvernance halieutique internationale et les dernières décisions du ministre français de l’agriculture démontrent que les actions de protection privilégient d’abord les intérêts économiques, lorsque la pêche est correctement gérée, les stocks de poissons se rétablissent et les flottes de pêche bénéficient de perspectives économiques plus stables. Après une longue histoire de surexploitation, des efforts croissants pour restaurer les écosystèmes marins et réorganiser la pêche se mettent progressivement en place. Néanmoins, 63% des stocks de poissons dans le monde doivent encore être reconstitués et des taux d'exploitation encore plus bas sont nécessaires pour inverser l'effondrement des espèces vulnérables. Malheureusement, les lobbys des flottes internationales et le manque d'alternatives à la pêche dans de nombreuses régions pauvres, compliquent les perspectives de reconstruction durable de la pêche.

« Les océans sont devenus des poubelles »

 Les activités humaines, marines et terrestres menacent, détériorent et détruisent de plus en plus les écosystèmes océaniques. Les océans sont devenus des poubelles. Vingt milliards de tonnes de déchets se retrouvent chaque année sur les fonds marins ainsi qu’à la surface des océans. Plus de 5000 milliards de morceaux de plastique, pesant en tout quelques 250.000 tonnes, flottent dans les océans. Selon l’Organisation des Nations Unies, chaque kilomètre d’océan contiendrait 120.000 morceaux de plastique et certains endroits concentreraient 6 fois plus de plastique que de plancton. Une île flottante, où y aurait aujourd’hui plus de 3,5 millions de tonnes de déchets, est apparue dans l’océan Pacifique dans les années 1950. Elle serait actuellement 6 fois plus grande que la surface de la France. Ce sont néanmoins les hydrocarbures, avec environ 6 millions de tonnes par an déversés, qui sont la première cause de pollution marine dans le monde avec son cortège de destruction du vivant. 

« Une seule journée afin de sensibiliser à la protection des océans est insuffisante » 

Rappelons que la France, grâce à l’outre-mer, possède le deuxième espace maritime mondial. Le 30 mai dernier, l’Assemblée nationale a voté un amendement interdisant, au 1er janvier 2020, les bouteilles d'eau en plastique dans le cadre des services de restauration collective. A l’évidence, cette décision dérisoire, démontre qu’une seule journée de sensibilisation à la protection environnementale et tout particulièrement des océans, est insuffisante. Espérons que notre télégénique Ministre de la transition écologique se fera entendre afin que la 2ème puissance maritime du monde participe enfin authentiquement à la protection et à la réduction de la pollution des océans et qu’il résistera efficacement quand certains parlementaires veulent remettre en cause la loi sur « l’adaptation des territoires littoraux au changement climatique »…

(*) Jean-Paul Briand est un médecin à la retraite, ancien conseiller municipal d'opposition à Orléans après la défaite de Jean-Pierre Sueur (PS) en 2001, aujourd'hui citoyen engagé et impliqué dans la vie d'Orléans et notamment au sein de CitLab, un collectif de citoyens de la métropole orléanaise.