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Le 21 Octobre 2018, 05h47

Malgré une diminution de la fraude de 4,6%, les autorités misent sur une tablette pour faire baisser encore davantage ce pourcentage. 

 La fraude est plus importante à bord des trams que des bus puisque 7 fraudeurs sur dix sont épinglés dans un tram.

EN TEMPS RÉEL - Sans cesse innover pour gagner toujours plus en efficacité, tel est le message passé, ce jeudi, en début après-midi, par les autorités de Keolis, accompagnées de David Thiberge, maire PS de Saint-Jean-de-Braye, et responsable du dossier à l’échelle de la métropole. 

À l’issue d’une enquête réalisée du 14 novembre au 23 novembre dernier auprès de quelque 5.000 personnes, il apparaît que la fraude a baissé de 4,6 % sur l'ensemble du réseau, et qu’elle s’établit actuellement à 8,5% des voyageurs, bus et trams confondus. Un bon chiffre certes, mais encore insuffisant pour David Thiberge qui pointe du doigt des arguments d’ordre moral et financier. « Même si les résultats sont bons depuis cinq ans, ce que l’on veut, c’est les améliorer encore. Ce n’est pas satisfaisant d’un point de vue moral, éthique ; la morale, c’est de dire : « J’utilise un transport, donc je paye un transport », comme n’importe quel autre service ; ce n’est pas acceptable non plus pour les autres usages, car on voit bien ceux qui ne badgent pas, et c’est insupportable de ce point de vue-là aussi ; et, enfin, c’est insupportable d’un point de vue économique parce que frauder, ce sont des recettes en moins », explique l’élu. 

Un message pré-enregistré et géolocalisé

Alors, pour gagner encore en efficacité dans la traque de la fraude, les équipes mobiles de Keolis sont désormais équipées d’une tablette tactile, dotée d’une application dédiée, qui leur permet de savoir en temps réel, grâce à une alerte géolocalisée déclenchée par le chauffeur du tram ou du bus, quand des fraudeurs sont repérés sur une ligne. « Chaque équipe véhiculée a une tablette et tous les conducteurs ont, eux, un pupitre, et sur ce pupitre, ils peuvent signaler aux équipes mobiles la présence de fraudeurs grâce à un message pré-enregistré et géolocalisé. Cette information géolocalisée s’inscrit donc sur la tablette avec l’itinéraire le plus court pour rejoindre le bus ou le tram dans lequel la fraude a été constatée par le chauffeur », détaille Éric Heynes, responsable du dossier pour Keolis. Expérimenté depuis octobre, l’usage de ces tablettes fait aujourd’hui partie du quotidien des agents. 

« Il faut toujours se moderniser, trouver de nouvelles idées »

« Il faut toujours se moderniser, trouver de nouvelles idées et depuis 2014, beaucoup de choses ont évolué pour faire baisser la fraude » souligne Fabrice Mayer, le directeur du réseau. « En 2014, on a intégré des contrôleurs en civil - ndlr : 19 agents sur 32 sont formés pour pouvoir réaliser des misions en civil - ; en 2015, on a véhiculé les équipes pour qu’elles soient plus mobiles, pour qu’elles se déplacent plus facilement, nouvelle baisse constatée ; et puis, la dernière innovation que l’on met en place, c’est donc cette tablette tactile qui permet de savoir où la fraude a lieu en temps réel.»

L’enquête, quant à elle, démontre donc que si la fraude est en baisse, elle reste plus importante le week-end que la semaine. Par ailleurs, elle révèle que les jeunes entre 15 et 25 ans fraudent davantage que les voyageurs âgés de 35 ans et plus, et qu’à  partir de 35 ans, la fraude reste stable avec une orientation à la baisse. Enfin, la fraude est plus importante à bord des trams que des bus puisque sept fraudeurs sur dix sont épinglés dans un tram tandis que le taux de fraude le plus bas est relevé le matin.

A. G.