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Le 21 Février 2018, 22h11

Le personnel en grève qui bloque l'accès à la prison d'Orléans-Saran a reconduit pour ce mardi son mouvement de protestation. 

Depuis jeudi, « plus d‘un tiers » des 188 établissements du pays ont été perturbés par des débrayages de 15 à 20 minutes, selon un décompte de la direction de l‘administration pénitentiaire.

ON NE PASSE (TOUJOURS ) PAS - Pour le deuxième jour consécutif, l'accès au centre pénitentiaire d'Orléans-Saran est bloqué par des personnels grévistes qui réclament davantage de sécurité à l'intérieur de la prison pour les surveillants, et notamment lorsqu’ils sont confrontés à des détenus radicalisés et potentiellement violents. Des revendications qui sont nées après l’agression dont ont été victimes plusieurs gardiens, la semaine dernière, à l'arme blanche, dans l’enceinte de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). 

« Ce qui est arrivé à Vendin-le-Vieil, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase »

« Ce qui est arrivé à Vendin-le-Vieil, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », explique Angui Anassé, délégué régional de l’UFAP-UNSa Justice pour la région de Dijon. « Depuis longtemps, notre organisation demande qu’il y ait une prise en charge particulière pour ce genre de public, la sécurité des personnels pénitentiaires n’est plus assurée lors des détentions, il faut le savoir, et en plus, on doit faire face à une population de plus en plus dangereuse et violente, et pas seulement les détenus qui sont en voie de radicalisation »

« Des établissements comme celui-là et qui sont neufs n’empêchent pas les agressions »

Depuis lundi matin, des pneus et des palettes sont déposés devant l’entrée du centre pénitentiaire pour en empêcher tout accès, seules les extractions de détenus ayant un caractère d’urgence ont été rendues possibles par les surveillants en grève. Des personnels qui demandent à ce que le caractère potentiellement violent des détenus, qu’ils soient radicalisés ou pas, soit pris en compte afin qu’une prise en charge spécifique leur soit accordée, pour la sécurité des surveillants. 

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Ce lundi matin, devant le centre pénitentiaire d'Orléans-Saran. (Photo. apostrophe45)

À la question de savoir si la manière dont une prison aussi récente que celle d’Orléans-Saran est conçue change ce rapport aux détenus, et apporte davantage de sécurité aux agents, Angui Anassé répond par la négative : « C’est une question d’ordre politique. Des établissements comme celui-là et qui sont neufs n’empêchent pas les agressions. La vraie question est de savoir comment on gère les détenus violents, et aujourd’hui les consignes qui sont données vont plus dans le sens de favoriser les conditions de détention de la personne détenue que de mettre en sécurité les personnels pénitentiaires », poursuit le représentant syndical qui indique qu’une infirmière a été agressée, ce lundi matin, par « un détenu qui allait à l’unité sanitaire pour prendre son traitement»

Le blocage entamé lundi matin pourrait être à nouveau reconduit si les personnels en grève n’ont pas les réponses attendues de la part du ministère de la Justice.

A. G.