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Le 21 Octobre 2018, 06h24

Des agents en grève campent devant les portes de la prison d'Orléans-Saran alors que les forces de l'ordre permettent les entrées et sorties. 

La ministre de la Justice a reçu, ce lundi, l'ensemble des organisations syndicales pour tenter de parvenir à un accord. Les discussions reprendront mardi sur trois points : l'indemnisation des personnels, la sécurité et la création d'emplois.

BIS REPETITA - Depuis samedi, après quelques jours de répit, l’accès au centre pénitentiaire d’Orléans-Saran est à nouveau entravé par des personnels grévistes. En partie, et de manière plus symbolique que réelle, puisque les forces de l’ordre assurent, dans le calme, le fonctionnement quasi normal de la prison en empêchant les grévistes d’exercer un blocus complet. Tout le week-end, les parloirs ont ainsi pu fonctionner normalement et, ce lundi matin, tous les prestataires qui œuvrent au sein de la prison ont pu travailler tout à fait normalement. 

« Ce n’est pas suffisant puisque 100 postes sur 188 établissements en France, c’est moins d’un agent par établissement »

Les négociations qui ont eu lieu, la semaine dernière, sans l’implication du ministre de la Justice, n’ont donc pas satisfait les syndicats des agents pénitentiaires. L’annonce de la création de 1.100 emplois, dont 100 dès 2018, n’a ainsi pas calmé les inquiétudes des agents en grève. « Ce n’est pas suffisant puisque 100 postes sur 188 établissements en France, c’est moins d’un agent par établissement. Nous, ici, il nous manque déjà entre 40 et 50 agents », explique Ludovic Grigis, secrétaire local FO du centre pénitentiaire d’Orléans-Saran. 

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Des policiers en tenue anti-émeute sécurisent les entrées et les sorties du centre pénitentiaire. (Photo. apostrophe45)

La question centrale, et le nœud du problème pointé du doigt par les syndicats depuis dix jours, demeure la sécurité des agents au sein des prisons, lesquels sont en contact avec des détenus violents, et singulièrement ceux qui sont radicalisés ou en cours de l’être. « Les agressions physiques et verbales, c’est tous les jours. Depuis Vendin-le-Vieil, il y a eu plus de 40 agressions, en dix jours seulement. Encore hier, il y a eu des agressions. C’est tous les jours, tous les jours », déplore Ludovic Grigis.

« On demande davantage de prises en charge, qu’ils soient tous rassemblés dans les mêmes établissements »

Au cœur des revendications des syndicats des agents, une prise en charge spécifique des détenus radicalisés afin que leur dangerosité soit considérée comme il se doit. « On aimerait qu’ils soient pris en charge plus sérieusement car dans les établissements certains agents font remonter des informations sur des détenus qui seraient susceptibles d’être dangereux mais ils ne sont pas pris en charge ensuite ; on demande davantage de prises en charge, qu’ils soient tous rassemblés dans les mêmes établissements, afin déjà qu’ils ne radicalisent pas d’autres détenus, ce serait le plus facile car aujourd’hui il y en a 5, 10, dans chaque établissement, alors forcément, ils vont convertir les autres », souligne Ludovic Grigis. 

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Face à face sans agressivité entre les personnels en grève et les forces de l'ordre. (Photo. apostrophe45)

Ce lundi, seuls les agents qui n’étaient pas de service ont pris part au rassemblement devant la prison d’Orléans-Saran. Les autres ont travaillé quasi normalement avec une prise d’activité à 9h30, plus tardive donc que d'ordinaire. « La direction brandit des sanctions qui peuvent aller jusqu’à la révocation, au licenciement, cela décourage bien sûr » , ajoute Ludovic Grigis qui précise que 14 agents des ERIS - équipes régionales d'intervention et de sécurité - sont actuellement à l’intérieur de la prison pour épauler les agents. La ministre de la Justice a reçu, ce même jour, l'ensemble des organisations syndicales pour tenter de parvenir à un accord, dix jours après le début du mouvement de protestation. Les discussions reprendront mardi sur trois points : l'indemnisation des personnels, la sécurité et la création d'emplois.

A. G.