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Le 21 Février 2018, 22h06

Alors que le gouvernement travaille au retour à l'équilibre des hôpitaux, celui d'Orléans fait référence par son endettement trop lourd.

Pour le NHO, ce retour progressif à l’équilibre se traduit par la suppression de 75 postes, dont 50 de soignants.

ÉQUILIBRE - Il était déjà question de l’hôpital d’Orléans dans le rapport public annuel de la Cour des comptes 2018 au sujet de l’endettement des hôpitaux français. Comme pour un certain nombre d’autres structures hospitalières publiques, la situation financière très délicate de l’hôpital d’Orléans est consécutive à un endettement très élevé qui s'explique, pour une bonne part, par la hauteur des remboursements dont l’hôpital doit s’acquitter. Rappelons que le coût du NHO - Nouvel hôpital d’Orléans - s’est élevé à quelque 700 millions d’euros. Un hôpital jugé d'emblée « surdimensionné » par certains syndicats avec ses 1.752 lits pour 5.354 employés, selon les chiffres de 2016.

« Nous n’avons pas le choix. Si nous ne revenons pas à l’équilibre [financier], nous ne serons plus maîtres de la situation »

Dans son édition datée du 13 février, Le Monde consacre un reportage sur l’hôpital d’Orléans au moment où le gouvernement se penche sur les moyens de réformer le système de santé et de permettre aux hôpitaux français de revenir à l’équilibre. Fin 2017, le NHO présentait un déficit de 17 millions d’euros alors même que le gouvernement demande aux hôpitaux français de se serrer encore la ceinture pour arriver à une économie globale d'1,6 milliard d’euros à la fin de l’année. Une amélioration financière qui passe nécessairement par une diminution des dépenses d'investissement et de fonctionnement. Pour le NHO, ce plan de retour progressif à l’équilibre se traduit par la suppression de 75 postes, dont 50 de soignants, alors même que 50 postes ont déjà été supprimés l’année dernière. « Nous n’avons pas le choix. Si nous ne revenons pas à l’équilibre [financier], nous ne serons plus maîtres de la situation », souligne le directeur de l’hôpital, Olivier Boyer, dans les colonnes du Monde

À Orléans, comme pour près des deux tiers des quarante-cinq hôpitaux français ayant connu les déficits les plus élevés en 2016, cette situation est donc directement liée aux charges financières relatives à un endettement excessif. « Dans ces conditions, le niveau de dette demeure élevé au regard des capacités de remboursement des hôpitaux pris dans leur ensemble et doit appeler une attention renforcée des responsables hospitaliers », soulignent les magistrats de la rue Cambon qui rappellent, et c’est un signe d’encouragement, que la dette des hôpitaux publics a connu une stabilisation en 2015 (à 30,8 milliards d'euros), puis un début de diminution en 2016 (29,8 milliards d'euros).

« Je n’aurais jamais cru devoir dire ça de ma carrière, mais cette fois on va devoir accepter de faire moins bien »

Pour l’hôpital d’Orléans, la réalité financière actuelle a un impact direct évidemment sur la prise en charge des patients et sur le moral des équipes médicales qui enchaînent les journées interminables et qui ont bien du mal à pouvoir prendre leurs jours de congé. « Je n’aurais jamais cru devoir dire ça de ma carrière, mais cette fois on va devoir accepter de faire moins bien », déplore ainsi, dans les colonnes du Monde, une cadre de santé qui assure néanmoins que la sécurité des patients n’est pas affectée.

A. G.