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Le 21 Octobre 2018, 05h45

L'URPS Médecins Libéraux Centre-Val de Loire, qui représente 3.700 médecins libéraux, s'oppose au projet de François Bonneau, président PS de la Région, de mettre en place un conventionnement différencié pour lutter contre la désertification médicale. 

« Non seulement un conventionnement sélectif ne favoriserait pas l'installation de nouveaux médecins, mais aggraverait encore le manque d’attractivité de l'exercice libéral »

VENT DEBOUT - Une nouvelle voix s’élève, collective celle-là, pour dire son hostilité au projet du président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, d’instaurer « un conventionnement différencié des médecins généralistes selon leur zone d’installation pour faire face à la situation » pour lutter contre la désertification médicale qui touche de plein fouet le territoire régional. Dans un communiqué de presse adressé à la rédaction, le Dr Raphaël Rogez, président de l’URPS Médecins Libéraux Centre-Val de Loire, réagit au projet de l'exécutif régional et explique les raisons pour lesquelles il est, selon, lui, « contre-productif ».  

« Plusieurs élus de la région ce sont récemment exprimés dans les médias pour soutenir l'idée d'un conventionnement sélectif des médecins, actuellement en débat au parlement. Une « solution » qui permettrait, selon eux, de remédier à la désertification médicale que subit notre région. 

«  L’effet serait donc inverse à celui souhaité ! »

L’URPS Médecins Libéraux Centre-Val de Loire, instance représentative des 3.700 médecins libéraux, présidée par le Dr Raphaël Rogez, tient à exprimer son désaccord absolu avec cette idée contre-productive. En effet, non seulement un conventionnement sélectif ne favoriserait pas l'installation de nouveaux médecins, mais aggraverait encore le manque d’attractivité de l'exercice libéral pour les jeunes médecins en imposant des contraintes supplémentaires. L’effet serait donc inverse à celui souhaité ! Il va donc de soi que si cette proposition devait entrer dans les faits, les médecins libéraux de la région et les instances représentatives se mobiliseraient pour s'y opposer. 

L’URPS-ML rappelle, en revanche, l'intérêt de la démarche qu'elle mène depuis mars 2016 en faveur de la création de Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). C'est CPTS, inscrites dans la loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016, sont en effet un moyen efficace pour renforcer la coordination entre tous les professionnels du sanitaire, du social et du médico-social, pour améliorer les conditions d'exercice, pour gagner du temps médical et ainsi pour promouvoir l'attractivité du territoire en voie de désertification médicale.

« Cette politique d'accompagnement des équipes créatrices de CPTS est un franc succès »

La fédération des URPS, porte-parole des 11.000 professionnels de santé libéraux de la région, a mandaté l’URPS Médecins libéraux pour favoriser la création de CPTS dans les six départements, avec le soutien de l’ARS Centre-Val de Loire. Cette politique d'accompagnement des équipes créatrices de CPTS est un franc succès, qui a valeur d'exemple au plan national : cinq contrats territoriaux de santé sont d'ores et déjà signés ou en passe de l’être, et beaucoup d'autres projets de CPTS sont en bonne voie, l'objectif étant de couvrir l'ensemble de la région par une vingtaine de ces CPTS. Or les premiers effets positifs de ces organisations, qui donnent envie d'exercer et de travailler ensemble au service des patients, se font déjà sentir sur l'installation de jeunes médecins… Les CPTS apparaissent donc comme une vraie solution pour résoudre les problèmes d'accès aux soins. »