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Le 19 Octobre 2018, 17h53

Stéphanie Rist, députée LRM du Loiret, décrypte et décline les applications concrètes de la réforme de la santé sur le plan local. 

Selon cette réforme, l’université d’Orléans aura la possibilité de proposer, à l’avenir, les « premières années de formation en santé ».

À VOTRE SANTÉ - Agnès Buzyn, ministre de la Santé, avait assuré que le plan baptisé « Ma Santé 2022 » engagerait une réforme « à 360 ° ». « Une réforme qui se veut à 360° est pour moi la seule façon d'aboutir à un système rénové qui préserve les valeurs fondamentales de la sécurité sociale: l'universalité de l'accès aux soin, l'égalité des chances face à la maladie…», avait fait valoir la ministre, en amont de la présentation qui a été faite, ce mardi matin, par le chef de l’État lui-même. 

De cette réforme riche en transformations du système actuel, Stéphanie Rist, députée LRM de la 1ère circonscription du Loiret, et médecin rhumatologue au NHO, retient plusieurs éléments innovants qui recevront un écho local important et dont les retombées amélioreront, selon elle, la prise en charge actuelle.  

La suppression du numerus clausus

Le numerus clausus, qui limite le nombre d'étudiants admis en deuxième année d'études de santé, sera donc supprimé à la rentrée 2020. Et pour Stéphanie Rist, cette disparition comporte plusieurs avantages. « Des jeunes ingénieurs pourront intégrer les nouveaux formats de la formation des médecins. Et des étudiants en médecine, après trois ans de formation, pourront ensuite s’orienter vers d’autres métiers, cela marche dans les deux sens et cela permettra de diversifier et d’enrichir le profil des nouveaux médecins », explique l’élue. Autre avantage, et pas des moindres pour l’université d’Orléans par exemple, la possibilité de proposer, à l’avenir, les « premières années de formation en santé ». « Il faut maintenant que l’on se rencontre avec les présidents d’université et tous les acteurs pour mettre la réforme en route ». L'université de Tours n'aura donc plus la mainmise complète sur la formation des futurs médecins. 

4000 postes d’assistants médicaux

À mi-chemin entre la secrétaire et l'infirmière, ces assistants médicaux auront pour mission de « décharger » les médecins libéraux des tâches administratives et de certains actes simples comme une prise de tension ou de température. « Ces postes seront subventionnés uniquement pour les médecins qui se coordonneront entre eux et qui s’engageront sur leur bassin de vie, c’est-à-dire, par exemple, qui accepteront de prendre en charge des patients à des horaires moins programmés, et ce afin de diminuer les accès aux urgences », précise Stéphanie Rist. 

Amélioration des pratiques

Autre sujet sur lequel Stéphanie Rist s’était penchée, la fin de la très décriée « tarification à l’activité » (T2A) remplacée par des « parcours standardisés ». « Une tarification au forfait et non pas à l’acte va être mise en place. On va d’abord commencer par le diabète et l'insuffisance rénale chronique. Ensuite, des travaux sont en cours pour revoir l’ensemble de la tarification des soins », précise la députée. 

Modification de carte hospitalière

La réforme prévoit également « une graduation » de l’offre hospitalière. Au sommet de cette nouvelle pyramide hospitalière, les CHU ou des centres hospitaliers d'envergure comme le NHO à Orléans, destinés aux actes les plus pointus et les plus techniques ; ensuite, des centres hospitaliers classiques (tel que celui de Montargis par exemple) pour la chirurgie ordinaire et la médecine obstétrique ; viendront après des hôpitaux labellisés « de proximité » dans les milieux ruraux, publics comme privés. « Typiquement, des hôpitaux qui existent déjà comme Beaugency ou Neuville-aux-Bois, par exemple, pourraient rentrer dans ce schéma », selon Stéphanie Rist. À terme, 400 hôpitaux seront ainsi labellisés « de proximité » en France. Il s’agira donc de plus petits établissements  réorientés sur des priorités incluant la gériatrie, la rééducation, l'imagerie, la biologie ou encore la télémédecine.

Enfin, des hôpitaux généraux « dans lesquels on va investir pour acheter du matériel médical s’il le faut et qui seront ouverts aux médecins libéraux qui pourront faire partie de la gouvernance et qui pourront être salariés et restés libéraux.» Des hôpitaux comme Gien et Pithiviers pourraient très bien rentrer dans ce dispositif. 

A. G. 

Le maire d'Orléans et président de la métropole, Olivier Carré, a régi par voie de communiqué de presse aux mesures annoncées par cette réforme. 

« Plan Santé : une avancée qui répond en partie à nos attentes» 

Le maire d’Orléans Olivier CARRE, président d’Orléans Métropole, tient à saluer les annonces faites par le Président de la République lors de l’exposé de son plan santé. Plusieurs annonces étaient attendues comme la fin du numérus clausus, la généralisation des assistants médicaux et l’installation de médecins. 

« Le manque de près de 100 médecins de ville sur notre métropole est devenu ici la première des préoccupations de nos concitoyens. Il est impératif que les plus fragiles, parce que malades, se sentent soutenus dans une chaîne de soin qui va de son médecin de ville jusqu’à l’excellence des plateaux techniques du CHRO. 

Les mesures annoncées vont dans le sens de ce que nous mettons en oeuvre. Elles devraient accélérer l’amélioration de la situation de la médecine de ville. Aussi, je serai très vigilant à ce que notre métropole, ainsi que les territoires qui l’environnent, bénéficient de ces dispositifs. Je continue de penser qu’au stade auquel nous sommes arrivés, il aurait été aussi utile de flécher l’installation de médecins. 

Le soutien aux centres hospitaliers de proximité encourage la politique que nous menons sur le département du Loiret au travers du Groupement Hospitalier de Territoire. Ces hôpitaux continueront d’être soutenus par le CHRO, tant que celui-ci pourra le faire. 

A cet égard, le nécessaire rétablissement des comptes du CHRO ne doit pas aggraver la capacité de soigner sur notre territoire alors même que celui-ci est carencé par l’absence de médecins. La montée en puissance de sa capa-cité à former des internes en lien avec notre faculté régionale de médecine est certainement une solution pour dynamiser l’installation de médecins dans la Région. 

Enfin, je salue le travail de la députée Stéphanie RIST, avec laquelle nous échangeons souvent sur ces sujets et qui a coeur de sortir l’orléanais de l’impasse sanitaire dans laquelle il se trouve. »