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Le 21 Mai 2018, 03h02

Le ministre n'a fait aucune annonce ce mardi lors de son déplacement à Orléans. Il s'est félicité de la bonne collaboration entre les polices. 

« Vingt-neuf - ndlr : policiers affectés depuis six mois- , ce qui permet d’accélérer la mise en place de la PSQ. Vous avez fait la PSQ avant la PSQ ! », Gérard Collomb.

LES MAINS VIDES - Le petit doigt d’Olivier Carré n’est finalement pas bien renseigné. Lors du conseil municipal de lundi, le maire d’Orléans avait indiqué, répondant aux inquiétudes de Serge Grouard quant aux effectifs insuffisants de la police nationale localement, que, selon son « petit doigt », « la besace » du ministre, en déplacement ce mardi 13 février à Orléans, ne devrait pas être vide. Et pourtant, c’est bien les mains dans les poches, sans aucune besace sur l’épaule mais avec une décontraction affable plutôt singulière chez un ministre d’État en charge de la sécurité des Français, que Gérard Collomb est allé à la rencontre des forces de police et des habitants de l’Argonne, ce mardi matin.

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Inauguration du bureau de police de l'Argonne. (Photos. apostrophe45)

Pas une boutique de la place Mozart n’a été oubliée par le ministre de l’Intérieur

Un déplacement qui avait une justification officielle : l’inauguration du nouveau bureau de police qui jouxte l’Argonaute, le complexe sportif et culturel du quartier, tout juste sorti de terre. Un motif bien faible, cela va sans dire, pour justifier un déplacement ministériel dont la véritable nature était une opération de communication à peine déguisée dans un quartier sensible au moment où Gérard Collomb expérimente la police de sécurité de quotidien (PSQ) dans trente quartiers français de « reconquête républicaine », … dont aucun n’est orléanais malgré l’acte de candidature formulé par la ville. Si le sujet du jour n’était donc pas, à proprement parler, la feuille de route de cette fameuse police de sécurité du quotidien, il a été néanmoins question de la collaboration nécessaire - et fructueuse à Orléans, du moins saluée comme telle - entre les polices municipale et nationale. Et, il est vrai, que dans le registre d’une communication souriante et proche des Français, Gérard Collomb a plutôt très bien fait le travail. Pas une boutique de la place Mozart n’a été oubliée par le ministre de l’Intérieur qui est allé s’enquérir du moral des uns et des autres et qui a même demandé lui-même à faire des selfies au pied d’un immeuble avec des habitants ou encore avec des jeunes tout juste descendus du tram. 

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Mais, avant cette « déambulation » médiatique au cœur du quartier populaire, le ministre a pris place autour d’une table où il a écouté patiemment les interventions des acteurs de la sécurité au quotidien dans ce quartier, qu’il s’agisse de policiers nationaux ou municipaux, de présidents d’associations ou de simples bénévoles. L’occasion également pour Gérard Collomb de mieux connaître la nature de la délinquance qui sévit dans le quartier. Le préfet de région, Jean-Marc Falcone, a ainsi indiqué que la police nationale travaillait dans trois directions précises dans ce secteur de la ville : le démantèlement des trafics de stupéfiants, la lutte contre les « incivilités qui pourrissent la vie des habitants » et la mise en place d’un lien plus étroit « entre la police et la population »

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« Il y a un travail très étroit avec la mairie, c’est ce qu’il faut partout »

Pas de renforts supplémentaires annoncés, donc, pour réaliser cette triple mission puisque le ministre l’a rappelé d’emblée, vingt-neuf gardiens de la paix ont rejoint la circonscription de police d’Orléans ces six derniers mois. Il n'y en aura donc pas d'autres dans l'immédiat. « Vingt-neuf, ce qui permet d’accélérer la mise en place de la PSQ. Vous avez fait la PSQ avant la PSQ ! », a souri Gérard Collomb. « Il y a un travail très étroit avec la mairie, c’est ce qu’il faut partout. La police de sécurité du quotidien, c’est s’adapter à la réalité du terrain qui est différente partout, on n’a pas le même type de délinquance dans un quartier de la banlieue parisienne qu’ici, il faut s’adapter au terrain, c’est du sur-mesure », a argumenté le ministre de l’Intérieur devant Olivier Carré, le maire de la ville qui lui vantait la très bonne collaboration entre la police municipale d’Orléans et la police nationale. 

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Mais au-delà des missions réalisées par la police, ou par les polices, c’est l’immense travail quotidien du réseau associatif, sous des formes très diverses, et avec des moyens humains souvent limités, qui a été expliqué en quelques mots au ministre. Un travail auprès des familles, des jeunes comme des aînés pour « désarmer les conflits, les prévenir et échanger », selon les mots de Fouad Benhalla, le président de l’AJLA, la plus vieille association du quartier. « Il faut bien gérer tous les petits faits mineurs, toutes les petites rancunes, les problèmes de voisinage, pour que cela ne dégénère pas », a indiqué au ministre Jacqueline Martin qui, à titre bénévole, intervient quotidiennement auprès des habitants du quartier. Des témoignages que le ministre a écoutés avec intérêt, et qui faisaient écho à certains dispositifs qu’il avait lui-même mis en place en tant que maire de Lyon. 

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À défaut de venir avec son carnet de chèque ou des effectifs de policiers en renfort, Gérard Collomb a prêté une oreille attentive à ce que la mairie a mis en place dans le registre de la prévention, la répression et la dissuasion depuis 2001. Un « triptyque » qui faisait d’elle, il y a quinze ans, « un laboratoire de la lutte contre l’insécurité » en France. Et manifestement, depuis, le pèlerinage des ministres de l'Intérieur en terre johannique se poursuit avec une belle régularité... 

A. G.