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Le 21 Mai 2018, 03h06

Invité de Controverse sur France Bleu Orléans, l'écologiste Jean-Philippe Grand ne cache pas son « envie » pour les municipales de 2020.

Jean-Phillipe Grand est l'invité, ce lundi soir, de Controverse, l'émission politique de France Bleu Orléans et apostrophe45. 

CONTROVERSE - Il n’y pense pas tous les matins en se rasant, mais y travaille quand même assidûment désormais. Et ce, depuis le lancement, il y a quatre mois, d’une large consultation à l'adresse des Orléanais afin de définir « avec eux, une vision partagée d’Orléans pour la période 2020-2030 ». Jean-Philippe Grand, conseiller municipal EELV d’opposition à Orléans depuis 2008, conseiller régional depuis décembre 2015, s’est donc lancé dans la bataille pour les municipales de 2020 à Orléans. Sans assurer encore, bien sûr, qu’il y jouera un rôle majeur de tête de liste, mais avec l’envie manifeste de le faire. « L’envie ne fait pas tout », lâche-t-il, conscient que deux ans au moins avant l’échéance - dont la date n’a pas été encore fixée -, il est « prématuré » de faire des plans sur la comète. « Je n’ai pas cinquante-quatre autres personnes qui me disent qu’elles ont envie de venir avec moi », poursuit l'élu qui a échoué par deux fois aux portes de la mairie d’Orléans. Et de manière cinglante en mars 2014, au sein de la liste conduite par la socialiste Corinne Leveleux-Teixeira. 

« Nous avons fait deux erreurs en 2014 : la première, on se disait qu’il fallait absolument faire du porte-à-porte mais on a fait du porte-à-porte aux mauvais endroits, on s’est trompé. Serge Grouard a fait tout l’inverse. Nous, on a tout de suite voulu parler à tout le monde et même à ceux qui ne votaient pas. La deuxième chose, concerne cette période étrange politiquement, au PS, y compris la manière dont les équipes étaient formées. Pour dire simplement les choses, on n’était pas tous ensemble.» 

« On nous refuse de discuter de sujets qui ne sont pas liés au conseil municipal »

Nourri de cette volonté d’aller « vers les Orléanais pour construite un programme, un projet pour 2020 », Jean-Philippe Grand a lancé les hostilités à l’automne dernier. De manière pacifique puisqu’il revendique le fait d’être « toujours dans un état esprit constructif au sein du conseil municipal et pas dans une opposition frontale ». Pour l’heure, il assure avoir recueilli une « centaine de contributions » sur différents sujets et « un peu plus de 500 personnes ont participé à celle sur le pont Royal et sur l’idée de retirer une voie de circulation ». De quoi le conforter dans l’idée qu’il est sur de bons rails… 

Ceci étant, quand on lui fait remarquer qu’à part dans la presse ces dernières semaines, et sur deux sujets liés aux transports, sa voix ne porte pas beaucoup dans l’hémicycle municipal depuis 2008, l’élu le concède. Mais avance son explication. « Les sujets ne viennent pas. On nous refuse de discuter de sujets qui ne sont pas liés au conseil municipal. Le débat sur des sujets de fond n’existe donc pas », plaide-t-il. 

« Je suis clairement écologiste mais avant tout Orléanais et fier de l’être »

Et puis, Jean-Philippe Grand n’est pas un nouveau venu dans la politique locale et son tableau de chasse politique n’est pas particulièrement convaincant… Outre les défaites aux municipales, l’élu écolo s’est cassé par trois fois les dents aux législatives, deux fois face à Olivier Carré et une fois, la dernière, face à Caroline Janvier (LREM) puisqu’il avait migré de la 1ère à la 2ème circonscription. « Il y a eu une défection un mois avant d’une copine militante sur cette circonscription et j’étais l’écolo qui pouvait limiter les dégâts », argue-t-il. Quant à l’étiquette EELV, qui n’est pas spécialement rassembleuse actuellement, Jean-Philippe Grand confie qu’il pourrait s’en débarrasser assez rapidement, las du « marigot politicien » qu’il observe au sein de sa famille politique ces derniers temps, et tout particulièrement à l’heure où les investitures pour les élections européennes suscitent des convoitises. « Je suis clairement écologiste mais avant tout Orléanais et fier de l’être », indique-t-il, tout en saluant le « courage politique » d’Emmanuel Macron ainsi que sa « faculté à écouter les gens ». Bref, l'élu d'opposition ne veut exclure personne, et tout au contraire rassembler au maximum.   

D'ailleurs, bien conscient que « quatre ou cinq listes de gauche ou écolos » ruineraient toute possibilité de reprendre la mairie aux mains d’Olivier Carré, aujourd'hui sans étiquette, Jean-Philippe Grand se dit prêt à « se rapprocher des uns des autres pour faire une synthèse, pour être ensemble.» Et derrière l'expression « des uns et des autres », sont ciblées toutes les initiatives citoyennes qui ont vu le jour ces derniers mois dont celle portée avec efficcaité par CitLab. 

Pour l’heure, son calendrier personnel est arrêté : fin juin, recensement de tous les Orléanais de bonne volonté qui veulent construire un projet politique « partagé » pour 2020, puis un an plus tard, constitution d’une liste dans la perspective des élections de 2020 ou 2021. Et inutile de dire qu’il se verrait bien en capitaine de l’équipe…