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Le 11 Décembre 2018, 10h16

Au fond du trou électoralement, le PS veut se saisir des élections européennes pour refaire parler de lui. C'était le message passé à Ingré.

À l'occasion de la fête de la Rose qui s'est tenue ce dimanche à Ingré, les militants socialistes ont été appelés à faire campagne pour les élections européennes de mai 2019. 

REFAIRE SURFACE - Ce dimanche 30 septembre, les socialistes sont sans toit. Les clés du siège historique du Parti socialiste, rue Solférino, à Paris, viennent d’être remises au groupe immobilier français Apsys - pour 45,5 millions d’euros - mais l’aménagement dans le nouveau siège à Ivry-sur-Seine, prévu initialement le 21 septembre, a dû être reporté au mois d’octobre du fait de travaux à finaliser. Sans toit, mais aussi sans socle électoral : selon un sondage réalisé par Odoxa pour Le Figaro et Franceinfo, et publié le 13 septembre dernier, le PS est crédité de 4,5% des intentions de vote pour les élections européennes de mai prochain, derrière Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan (6%), Europe-Écologie-Les-Verts (5%) et largement devancé par LREM (21,5%), Rassemblement national (21%), LR (14%) et La France insoumise (12,5%). Benoît Hamon et son parti Générations talonne même le PS avec 4% des intentions de vote, tout comme les centristes de l’UDI (3%). Autant dire donc que le PS ne fait plus partie aujourd’hui des familles politiques qui comptent dans le paysage nationale. 

Et pourtant, les socialistes se tournent aujourd’hui vers l’Europe pour tenter de renaître de leurs cendres et retrouver une existence politique confisquée en bonne partie par l’émergence soudaine de LREM. En témoigne le programme de la fête de la Rose qui s’est tenue ce dimanche comme traditionnellement à Ingré et qui avait pour invitée la parlementaire européenne Karine Gloanec-Maurin, élue en 2014 sur la circonscription Massif central-Centre. Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste, et Valérie Corre, ex-députée de la 6ème circonscription du Loiret, avaient pris place dans le public. 

« Nous avons été giflés, bousculés, par les défaites, sans avoir pu faire un vrai bilan »

Alors, bien sûr, il a été question de l’Europe dans les ateliers de travail du matin et dans les discours officiels de l’après-midi, d’autant que le 11 octobre, les militants socialistes devront dire s’ils sont satisfaits ou non du texte qui vient de leur être soumis par la direction et qui préfigure le programme du PS pour le scrutin européen de mai 2019. Mais il a été aussi beaucoup question de «renaissance», de « réinventer le socialisme », de se « retrousser les manches »,  de « relever la tête » ou encore de « retourner au contact des Français ». « Nous avons été giflés, bousculés, par les défaites, sans avoir pu faire un vrai bilan du mandat précédent (ndlr: celui de François Hollande). (…) Si nous ne réussissons pas les élections européennes, il y aura des conséquences sur les élections municipales», a mis en garde Karine Gloanec-Maurin. 

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La propagande électorale est prête pour les élections européennes. (Photo. apostrophe45)

Ce désir de reconquête électorale sur fond de débat européen s’est adossé à une critique en règle d’Emmanuel Macron, à ses « impostures », à la politique qu’il mène en France et à celle qu’il projette pour l’Europe de demain. Un président qui n’est « ni de gauche, ni juste, ni respectueux de la séparation des pouvoirs, ni respectueux des Français », a ainsi martelé Carole Canette, la nouvelle 1ère secrétaire fédérale du PS dans le Loiret, qui a apporté des exemples pour illustrer chacun des qualificatifs utilisés. « C’est le moment de faire contrepoids et le meilleur moyen de s’opposer à la politique menée par Emmanuel Macron, ce sont les élections européennes », a souligné au micro un jeune militant PS.

« Je vois que nous sommes attendus aujourd’hui et je vous appelle tous à aller porter nos valeurs »

La nouvelle patronne locale du PS a vivement encouragé ses troupes - relativement modestes ce dimanche après-midi dans l’auditorium - à retourner sur le terrain et à reprendre goût à la politique de proximité. « J’ai été stupéfaite de l’accueil que nous avons reçu sur un marché la semaine dernière. Je vois que nous sommes attendus aujourd’hui et je vous appelle tous à aller porter nos valeurs, à relever la tête. Il faut le faire humblement mais il faut le faire car on nous reprocherait sinon notre désertion. Il est temps pour nous de retourner au contact des Français. »

Dans les semaines qui viennent, les militants socialistes sont donc décidés à renouer avec un terrain un peu déserté ces derniers temps. Et comptent sur l’Europe pour retrouver une audience plus digne de leur histoire, même sans la rue de Solférino…

A. G.