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Le 11 Décembre 2018, 10h28

Invité de l'émission Controverse, Baptiste Chapuis, secrétaire de la section PS d’Orléans, a évoqué ses ambtions pour les municipales.

« Maintenant, c’est le bon moment, on a besoin de proposer une alternative à Orléans », Baptiste Chapuis. 

DE l'OMBRE À LA LUMIÈRE - Depuis trois ans, Baptiste Chapuis est un militant socialiste de l’ombre. Contraint et forcé d’une certaine manière puisque le secrétaire actuel de la section PS d’Orléans a échoué aux élections départementales de 2015 tandis que le score obtenu par la liste PS conduite par Corinne Leveleux-Teixeira aux élections municipales à Orléans de 2014 ne lui a pas permis de figurer dans l’opposition actuelle. Une période que Baptiste Chapuis, longtemps présenté comme l’héritier de Jean-Pierre Sueur localement, a mis à profit pour prendre de la distance avec la sphère politique locale. Une distance salutaire qui lui a donné l'envie de replonger dans la mêlée politique avec des idées neuves.

« Je sens que je peux être plus utile aujourd’hui qu’hier, c’est aussi une question de maturité peut-être. J’ai pris mes distances, j’ai pris d’autres engagements. (… ) Maintenant, c’est le bon moment, on a besoin de proposer une alternative à Orléans », a expliqué, ce lundi soir, l’intéressé au micro de l’émission politique Controverse, co-animée par France Bleu Orléans et apostrophe45. À la question de savoir si la figure tutélaire de Jean-Pierre Sueur n’avait finalement pas été trop écrasante pour autoriser jusqu’alors son éclosion politique locale, Baptiste Chapuis se veut d’abord reconnaissant à l’égard du sénateur socialiste. 

« Jean-Pierre Sueur, c’est une voix qui compte à Orléans et que j’écoute avec attention »

« Il est venu me chercher, il m’a fait confiance pour être son directeur de campagne en 2008 et on a appris à se connaître ; depuis, on n'a jamais perdu le fil, même si nous n’avons pas toujours les mêmes positions. C’est une fierté de voir un élu socialiste qui s’exprime aussi fortement sur un certain nombre de sujets. C’est une voix qui compte à Orléans et que j’écoute avec attention », a-t-il souligné, affirmant néanmoins qu’il se sentait aujourd’hui « autonome »

Alors, y aura-t-il une liste socialiste à Orléans en 2020 ? Certains en doutent eu égard à la faiblesse de l’opposition socialiste dans l’hémicycle municipal et à la très grande discrétion actuelle des militants PS localement. Mais Baptiste Chapuis veut y croire, même si cette liste devrait panacher plusieurs sensibilités politiques et «courants» citoyens. Une alliance avec le PCF n’est ainsi manifestement pas exclue. « Il y a toujours eu des listes d’ouverture à Orléans. En 1989, la moitié de la liste n’était pas socialiste. On a lancé une tournée citoyenne avant l’été, une tournée des quartiers, une tournée des associations. On va faire un premier diagnostic même si on connaît bien la situation. Nous serons ensuite dans une phase de propositions pour intégrer un projet alternatif à Olivier Carré. En décembre, nous proposerons une restitution puis, entre janvier et février, nous organiserons un temps de rencontre avec les Orléanais et nous irons chercher des talents hors des partis politiques », a précisé Baptiste Chapuis. 

« Sur la forme, on a un maire qui lance des ballons d’essai régulièrement, sans jamais trancher »

Alors que reproche le militant socialiste à Olivier Carré, maire (sans étiquette) de la ville, président de la métropole, et candidat à sa succession en 2020 ? « Sur la forme, on a un maire qui lance des ballons d’essai régulièrement, sans jamais trancher, j’ai du mal à le suivre », explique-t-il. Et sur le fond, Baptiste Chapuis estime qu’Olivier Carré « n’a aucune vision à moyen ou long terme » de la ville comme de la métropole. 

Au fil des mois, le puzzle politique local se met progressivement en place pour les municipales de 2020. Reste l’incertitude majeure qui conditionne toutes les options possibles : Olivier Carré obtiendra-t-il l’adoubement de LREM ? Le positionnement des uns et des autres sur l’échiquier politique local dépendra en partie de la réponse.  

A. G.