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Le 18 Juillet 2018, 12h24

Grâce à la générosité de 125 mécènes, le Musées des Beaux-Arts d’Orléans a pu acquérir 90 dessins de cet artiste génial et oublié.

En 2019, une retrospective sera consacrée à l’artiste orléanais (1771-1843) dont l'œuvre fiévreuse et inspirée traduit les maux de son époque. 

DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE - Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. La première campagne de financement participatif - crowdfunding en anglais - lancée par le musée des Beaux-Arts d’Orléans qui souhaitait acquérir 90 dessins de Jean-Marie Delaperche s’est achevée mardi 12 décembre sur un beau succès. Grâce aux dons - défiscalisés - de 125 mécènes, 31.745 euros très précisément ont pu être récoltés par le musée alors que le palier fixé était de 30.000 euros. Grâce à ces dons, le musée a donc pu acheter les dessins de cet artiste orléanais néoclassique tombé dans l’oubli en France après son départ en Russie vers 1795. 

90 grandes feuilles au lavis de Jean-Marie Delaperche, découvertes à Paris grâce à la galerie Chaptal

Les 90 grandes feuilles au lavis de Jean-Marie Delaperche, découvertes à Paris grâce à la galerie Chaptal, avaient en réalité une valeur marchande arrêtée à 100.000 euros. Et, puisque le fonds du patrimoine du Ministère de la Culture avait accepté de débloquer une enveloppe de 50.000 euros pour permettre au musée orléanais de devenir propriétaire de cette collection, il restait donc à trouver les 50.000 euros restants. Ce fut ainsi chose faite grâce à cette campagne de « crowdfunding » à laquelle s’est ajouté le legs d’une Orléanaise. 

Sur les 125 mécènes, 77 sont installés à Orléans ou dans le Loiret, 38 habitent en Île-de-France, 7 sont installés dans d’autres régions de France plus éloignées géographiquement, et 3 dons ont été faits depuis un pays européen. Preuve que les Orléanais se sont accaparés en grande majorité cette campagne et qu’ils ont marqué de la sorte leur attachement au patrimoine culturel local et leur volonté de l’enrichir. Le montant moyen des dons est de 253 euros, le plus élevé est de 5.000 euros tandis que 28 dons ont été faits à hauteur de 250 euros. 

« Cet ensemble remet au jour l’œuvre fiévreuse de ce dessinateur orléanais»

Et si le musée des Beau-Arts d’Orléans a jeté son dévolu sur cet artiste de tout premier ordre ce n’est évidemment pas seulement pour son immense talent mais c’est également parce que Jean-Marie Delaperche est né à Orléans en 1771 - c’est un contemporain de Thomas Aignan Desfriches - et que cette acquisition permet donc de replacer sous la lumière publique, locale notamment, la puissance créatrice de son génie. « Cet ensemble remet au jour l’œuvre fiévreuse de ce dessinateur orléanais qui s’impose comme une des grandes mains de son temps, évoquant ses plus illustres compagnons de l’atelier de David, comme Anne-Louis Girodet-Trioson, autre grand artiste du Loiret né à peine quatre ans avant lui, avec des influences anglaises qui le rendent absolument unique en son temps », explique-t-on au musée des Beaux-Arts. 

Une retrospective sera consacrée à Jean-Marie Delaperche en 2019 et permettra donc à l’ensemble des Orléanais de (re)découvrir des œuvres exhumées de l’oubli grâce, pour une bonne part, aux dons de 125 mécènes férus d'art.

A. G