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Le 19 Octobre 2018, 17h55

Le budget de la ville d'Orléans, voté ce lundi soir, a fait de l'éducation et de la culture, les deux priorités pour l'année 2018. 

 « Nous avons fait le choix de renforcer les Voix d’Orléans, de travailler sur le monde des idées et de la langue française », Nathalie Kerrien. 

LE COMPTE EST BON - L’heure des comptes avait sonné ce lundi 11 décembre, au conseil municipal d’Orléans, pour l’approbation du budget 2018 de la ville, le premier de l’ère métropolitaine. Et, comme on pouvait s’en douter, il n’a été question que de comptes chiffrés et jamais de règlements de comptes politiques. Même si, ici et là, quelques bémols ont naturellement été apportés par l’opposition, jamais sur la gestion par la majorité des deniers publics, mais sur des choix et des arbitrages politiques faits pour les répartir dans les dépenses. Au total, les dépenses réelles de la ville, tous budgets confondus, s’élèveront à 207,4 millions d’euros pour 2018, dont 183,2 millions consacrés aux projets et actions municipaux, 135 millions pour les dépenses de fonctionnement et 48, 2 millions d’investissement. Le reste se partage, notamment, entre le remboursement de la dette et des reversements de fiscalité. 

« Notre ville avance bien, elle rayonne mieux, elle s’embellit», Michel Ricoud (PCF)

« Notre ville avance bien, elle rayonne mieux, elle s’embellit, la dette est maintenue, l’investissement est fort et l’investissement, c’est l’emploi. Il reste quand même des points noirs et quand j’évoquerais les difficultés sociales, vous ne serez pas surpris. J’aurais souhaité que sur cette question-là, on en fasse plus et mieux », a ainsi déclaré Michel Ricoud, élu PCF d’opposition. 

Le budget de la ville tel qu’il a été établi par Michel Martin, adjoint (LR) aux finances, a donc emprunté la même logique que celle qui prévaut depuis quinze ans localement. « La stratégie financière de la ville a sa constance, sa permanence », a souligné Charles-Éric Lemaignen (LR). Une stratégie que l’élu en charge des finances a résumé en une formule, « le respect des équilibres financiers ». Et de développer la recette gagnante depuis presque trois mandats : « Une stabilité des taux d’imposition, une section de fonctionnement maîtrisée, un effort d’investissement soutenu - 48 millions auxquels il faut ajouter 10 millions de plus réalisés par Orléans Métropole au titre des compétences transférées - et une dette contenue autour de 120 millions ». « Les fondamentaux qui nous sont chers sont là, et c’est pour moi l’essentiel. (…) Les impôts sont stables, bravo, l’investissement continue d’être dynamique et pour la dette, il convient effectivement de la maintenir au plus bas possible », a réagi, Serge Grouard, ancien maire de la ville. 

« Je me félicite de certaines progressions, au niveau de la culture, la création du parlement des écrivaines francophones, je trouve cela formidable», Dominique Tripet (FdG)

Michel Martin a précisé ensuite la manière dont ce budget allait se répartir et, là encore, le débat a quasi tourné au consensus politique puisque le premier budget de la ville d’Orléans pour l’année à venir - investissement et fonctionnement - restera l’éducation avec 35,2 millions d’euros, suivi de la culture et de l'événementiel avec 31,6 millions d’euros. 

« Je me félicite de certaines progressions, au niveau de la culture, la création du Parlement des écrivaines francophones, je trouve cela formidable », a ainsi commenté Dominique Tripet pour le Front de gauche en référence à la mise en place de ce « Parlement » dans le prolongement des rencontres de la francophonie incarnées par Les Voix d’Orléans. La directrice de l’action culturelle de la ville rencontrait d’ailleurs, ce lundi, l'écrivaine Leïla Slimani, nommée, début novembre, représentante personnelle du président Emmanuel Macron pour la francophonie. « Nous avons fait le choix de renforcer les Voix d’Orléans, de travailler sur le monde des idées et de la langue française ; (..) nous avons l’excellence du spectacle vivant. Nous souhaitons donner la priorité au soutien à la création, au théâtre et à la danse », a précisé Nathalie Kerrien. 

« Il faut un équilibre entre les commerces du centre-ville et les grandes surfaces périphériques », Serge Grouard

Et, après avoir délivré deux « satisfecit » pour cette attention financière très soutenue apportée à l’éducation et à la culture, Corinne Leveleux-Teixeira, chef de file de l’opposition, a profité des fêtes de fin d’année pour émettre un vœu : « C’est Noël, on peut faire quelques demandes : pour nous, ce serait de relancer le projet d’une médiathèque abandonnée en centre ville », a-t-elle ainsi argué. Et si, en l’occurence, le Père Noël s’appelle Olivier Carré, il faudrait mieux que l’élue PS s’adresse à celui qui vit en Laponie pour avoir une chance d’être entendue… 

Pour le reste, « quelques inquiétudes » ont néanmoins été formulées pour reprendre l’expression de Corinne Leveleux-Teixeira. « L’environnement, c’est un peu une alerte enlèvement que je voudrais lancer ici, on est en retrait par rapport aux mandats de Serge Grouard ; et puis le commerce, la situation commerciale de la ville d’Orléans n’est pas bonne. On n’est pas assez volontariste dans ce volet-là. Et puis, bien sûr, des insuffisances dans le social », a-t-elle argué. Une préoccupation au sujet du commerce partagée par ce même Serge Grouard d’ailleurs : « Il faut un équilibre entre les commerces du centre-ville et les grandes surfaces périphériques, et je connais la pression que celles-ci exercent. Mais c’est un enjeu majeur et il faut leur donner cet équilibre qui menace en permanence d’être rompu », a souligné l’élu. 

À l’issue d’un débat qui a été très apaisé donc, le budget 2018 pour la ville d’Orléans a été approuvé par la majorité des élus, excepté huit d’entre eux, dont deux se sont abstenus. 

A. G.