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Le 21 Février 2018, 22h11

HISTORIQUE. Plus de 22.000 personnes ont participé à la marche organisée, ce samedi, pour la défense des valeurs républicaines.

«Vive la France», «Vive la République », «Vive la police», «Vive la liberté »

Résumé: 

HISTORIQUE - Les Orléanais ont répondu en masse à l'appel de la marche républicaine, ce samedi en fin de matinée, pour dire « non » au terrorisme qui a tétanisé la France durant ces dernières 48 heures. Quelque 22.000 à 25.000 personnes ont ainsi été comptabilisées par la police, soit une mobilisation historique dans les rues d'Orléans. Tous unis, graves, pour dire « non » au fanatisme religieux. Mais surtout pour dire « oui » à la liberté. À toutes les libertés. Silencieux, hébétés, comme abasourdis par l'ampleur du drame qui s'est abattu sur la France depuis mercredi, les Orléanais ont défilé en famille souvent, sans banderolle ni pancarte, seul un badge « Je suis Charlie » épinglé souvent sur les blousons, ou un crayon à la main, tendu vers le ciel à chaque étape de recueillement du défilé.

« On est bien, on est ensemble, et on est fort », un père de famille

De très longs silences se sont imposés naturellement, place de la République, puis place du Martroi, sans que personne n'ose les briser, pas plus les élus, écharpes tricolores autours des épaules, que les manifestants eux-mêmes. À Orléans, comme partout en France, le besoin de se rassembler, de s'assurer les uns les autres d'une communion de valeurs et d'un même rejet de l'obscurantisme religieux, se disait dans le silence, sans que les mots soient nécessaires pour cela. « On est bien, on est ensemble, et on est fort », témoigne ce père de famille, les larmes aux yeux, venu avec ses deux enfants. 

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11 heures, place de l'Étape, devant la mairie, symbole de l'unité républicaine, une foule immense. (Photo : apostrophe45)

Parti depuis la place de l'Étape, à 11 heures, le cortège a fait halte place de la République, où une gerbe en la mémoire des attentats de Charlie Hebdo a été déposée par les officiels, avant de rejoindre la place du Martroi. Rue Jeanne-d'Arc, la foule s'est à nouveau immobilisée dans le silence et le recueillement. 

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Échange de crayon, symbole de la liberté d'expression, entre Serge Grouard, député-maire d'Orléans, et la caricaturiste Jean-Paul Vomorin. (Photo : apostrophe45)

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Toutes les sensibilités politiques et religieuses ont fait front commun (Photo : apostrophe45)

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Des fleurs ont été déposées par les élus place de la République, au pied de Marianne, en hommage aux victimes de Charlie Hebdo. (Photo : apostrophe45)

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Les élus ont défilé en tête du cortège, dans un silence grave. (Photo : apostrophe45)

« Il y a eu l'avant, et il y a l'après. Rien ne sera plus comme avant. Le peuple de France est debout », Serge Grouard

Place du Martroi, enfin, nouvelle démonstration symbolique d'unité nationale avec un lâcher de ballons bleu, blanc, rouge, et le premier couplet de La Marseillaise, entonné spontanément par toute la foule après une minute de silence. Toutes les sensibilités politiques et religieuses s'y associent. La réaffirmation de valeurs républicaines, socles de la nation française. « Il y a eu l'avant, et il y a l'après. Rien ne sera plus comme avant. Le peuple de France est debout », confie, ému et grave, Serge Grouard, député-maire d'Orléans, entouré de l'ensemble des élus locaux, parlementaires, présidents de la Région et Conseil général, ainsi que du maire de Tours, Serge Babary. À la question de savoir si tous les élus, Front national compris, étaient invités à cette marche républicaine, Serge Grouard répond par l'affirmative, sans hésitation. « Oui, je l'ai fait en tant que maire parce que la mairie est au coeur de nos libertés républicaines. C'est le fronton : liberté, égalité, fraternité. C'est la République qui est là », assure-t-il. Dans le cortège, on pouvait ainsi distinguer Arlette Fourcade, élue FN à Orléans. 

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Lâcher de ballons place du Martroi, en fin de matinée. (Photo : apostrophe45)

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Place du Martroi, des applaudissements après La Marseillaise entonnée par une foule compacte. (Photo : apostrophe45)

« On va un peu mieux maintenant, ou un peu moins mal »

Des « Vive la France », Vive la République », « Vive la police », « Vive la liberté » ont été largement entendus dans le cortège à l'arrêt, faisant taire, sporadiquement, le silence. Et puis, bien sûr, d'innombrables crayons pointés vers le ciel en hommage à ceux qui, il y a encore quelques jours en France, faisaient vivre, sur le papier, la liberté d'expression. À midi, la foule s'est dispersée, toujours avec autant de gravité. Mais un soulagement se lisait sur certains visages. « Cette unité fait chaud au cœur, on va un peu mieux maintenant, ou un peu moins mal », confie cette femme, un crayon et une affiche « Je suis Charlie » à la main.  

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« Nous sommes tous Charlie » : seul slogan du rassemblement. (Photo : apostrophe45)

La rédaction

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